Bissone, son histoire

Bissone est un lieu riche en spiritualité, témoigné par ses charmantes églises, qui ne sont pas seulement des lieux de culte, mais aussi des gardiennes d’histoires et de traditions qui ont façonné la communauté de Bissone au fil des siècles.

Le nom du village apparaît pour la première fois dans un document lombard de 735 sous le nom de « Blixuni », puis comme « Blexuno » (852), « Blascono » (962), « Bisono » et « Bissunio ». Au XIVe siècle, le territoire fait partie du Duché de Milan, gouverné d’abord par la famille Visconti, puis par celle des Sforza. En 1054, la présence d’un édifice fortifié est documentée là où s’élève aujourd’hui la Maison Communale. Depuis Bissone, on rejoignait Campione et, en passant par Arogno, le Val d’Intelvi, le lac de Côme et les terres du nord.

La traversée du lac vers la péninsule de Melide permettait au voyageur d’atteindre Lugano et les vallées supérieures. Du point de vue ecclésiastique, Bissone fut dépendant de l’église de Riva San Vitale jusqu’en 1474, date à laquelle il obtint une paroisse autonome. L’expansion du centre d’habitation de l’ancienne route pédestre vers le lac est due à l’importance croissante de l’activité de la pêche, dont les droits ont été concédés aux habitants dès le Moyen Âge. Plus tard, le front vers le lac a été construit par des familles bourgeoises, qui ont créé la chaîne caractéristique de portiques en maçonnerie, utilisés pour abriter les bateaux, les matériaux, le commerce couvert et le transit.

Francesco Castelli dit le Borromini (1599-1667)

Les Gaggini

Très connus en Ligurie, en Sicile, en France et en Espagne, les Gaggini ont laissé partout des témoignages de leur art à partir du milieu du XVe siècle. Le patriarche fut Beltrame Gaggini (?-ante 1476), architecte, dont descendirent Antonio, Pace et Pietro. Giovanni et Antonio furent actifs comme architectes et sculpteurs principalement à Gênes, tandis que Pace (1460-1525) fut l’auteur d’œuvres superbes sur la façade de la Chartreuse de Pavie, où il travailla pour le compte de son oncle Antonio della Porta. S’étant rendu à Séville, il sculpta le grand monument à la comtesse Catalina de Ribera que l’on admire dans l’église de cette université.

Domenico Gaggini (1426-1492) fut actif comme sculpteur à Gênes, Naples et Palerme. Mais ce fut surtout en Sicile que son atelier connut un immense succès et fut perpétué par ses fils et petits-fils jusqu’en 1750 environ. Ils acquirent une renommée considérable en tant que sculpteurs, stucateurs et orfèvres. En particulier, son fils Antonello (1478-1536) connut un grand succès dans toute la Sicile et dans le sud de l’Italie avec la réalisation de statues, bas-reliefs, monuments funéraires et autres sculptures.

Antonello Gaggini, La Vierge de l’escalier, Cathédrale de Palerme, 1503

Domenico Gaggini, Cathédrale Saint-Laurent, Gênes, 1447-1456 (détail)

Épigraphe des artistes bissonnais située sur la façade nord de l’église de San Rocco

Les Garovi/Garovaglio

Les nombreux membres de cette famille d’artistes couvrent une période de plus de deux cents ans, du début du XVIe siècle au milieu du XVIIIe siècle. Architectes, sculpteurs, stucateurs, peintres, les Garovi laissent des traces de leur art dans toute l’Europe, de l’Italie au Portugal, de la République tchèque à l’Autriche, à l’Allemagne et à la Suède. Ils construisirent des châteaux, des palais nobiliaires, des baptistères, des édifices publics, décorèrent de stucs des façades, des plafonds, des chapelles funéraires et peignirent à la fresque les voûtes d’églises et de cathédrales.

Le mariage vers 1550 entre Simone Garove et Simona Allio de Scaria (Val d’Intelvi) donna naissance à la branche familiale des Garovaglio. Les liens de parenté avec des membres des familles Tencalla et Castelli (Borromini) favorisèrent la formation d’équipes, auxquelles s’ajoutaient, selon les besoins, des maistrances des villages voisins.

Carlo Garovi (1630-1697), stucs au château de Nynäs, Suède

Andrea Simone Garovi (1652-env. 1717), dirige la construction du Palais d’Hiver du Prince Eugène de Savoie, à Vienne.

Les Tencalla

Les Tencalla opérèrent surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles, laissant des œuvres non seulement dans leur pays d’origine, mais dans diverses provinces et villes européennes : en particulier à Vienne (A), Vilna (Lituanie), en Moravie, en Pologne, en Bavière, en Vénétie, en Lombardie et à Rome. Parmi les membres illustres de cette famille de peintres, stucateurs, sculpteurs et architectes, Cristoforo Tencalla (1623-1685) fut certainement un représentant de premier plan.

À peine âgé de vingt ans, il commença à peindre des fresques en Slovaquie, puis à Vienne, où il décora des palais de familles aristocratiques et des églises. Sa renommée lui valut le titre de peintre de cour de l’épouse de l’empereur Ferdinand II de Habsbourg. Il reçut par la suite de nombreuses commandes qui l’amenèrent à œuvrer également en Moravie et en Hongrie.

D’autres membres de la famille Tencalla se distinguèrent comme architectes : Costante Tencalla (1590-1647) en Pologne, son fils Giovanni Pietro (1629-1702) en Autriche et en République tchèque, et son frère Giovanni Giacomo (1591-1653) à Vienne et en Moravie.

Cathédrale Saint-Étienne, Passau (D) : façade

Cathédrale Saint-Étienne, Passau (D) : fresques de Carpoforo Tencalla